Le plancher grillagé

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Plancher grillagé et varroase
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La ruche
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Le plancher grillagé

Si l'emploi du plancher grillagé classique (ouverture d'environ 10cm sur toute la largeur du plancher) est déjà ancien et son intérêt non sujet à contreverse, il n'en est pas de même du plancher entièrement grillagé.

L'article qui suit est la synthèse de différents articles parus dans "l'Abeille de France (n°839 Juillet Août 1998/n° 845 Février 1999/n°865 Décembre 2000/n°879 Mars 2002) et d'un article paru dans le volume 141, Novembre 2001 de la revue américaine "American Bee Journal".

Le plancher entièrement grillagé est apparu il y a quelques années seulement, associé à un "tiroir" placé en dessous dans le but de recueillir et examiner les déchets de la ruche et de dénombrer la chute naturelle des varroas pour évaluer le degré d'infestation de la colonie. Ce tiroir - en fait une simple plaque métallique coulissante - est d'un usage beaucoup plus pratique que l'introduction d'un lange sur le plancher au travers du trou de vol pour pratiquer cet examen. Il en est de même pour un simple dépistage, voire un traitement complet à base d'acaricide (amitraze).
Ce tiroir peut-être complétement enlevé pendant la grande miellée ou lors d'une transhumance pour une meilleure ventilation de la ruche et remis pendant l'hivernage avec possibilité de moduler son ouverture.

Certains apiculeurs en France (M.M. Dupeley - 81660 Payrin entre autres) préconisent son emploi sans tiroir d'un bout de l'année à l'autre affirmant que le plancher grillagé ainsi utilisé offre une alternative aux traitements acaricides contre varroa. Leur théorie est que l'acarien tombe fréquemment sur le plancher de la ruche et qu'il peut changer d'hôte avec des abeilles de passage ou en remontant sur les parois. Si le plancher est entièrement grillagé il tombe sur le sol où il meurt rapidement, étant incapable de remonter. Le plateau grillagé ne provoque pas la disparition du varroa mais l'infestation se transforme en parasitose banale qui devient sans danger majeur pour des ruches par ailleurs en meilleur état sanitaire. Des ruches, affirment-ils, sont ainsi sans traitement acaricide de quelques nature que ce soit depuis plusieurs années (1994 pour la plus ancienne) tout en produisant des récoltes honorables.

En 1999 aux Etats-Unis une étude comparative a été menée par des chercheurs du Département d'entomologie des Universités d'Athens en Georgie et Clemson en Californie du Sud pour tester l'efficacité du plancher grillagé.
Les acaricides utilisés furent Apistan (fluvaninate) (même produit que celui utilisé en France .N. du T.) et Apilife Var (à base d'huiles essentielles dont 76% de thymol)(à ne pas confondre avec Apivar (molécule amitraze) utilisé en France, Apilife Var peut-être comparé, dans une certaine mesure avec le nouveau produit Apiguard, entièrement à base de thymol .N. du T.).
Le test porta sur 36 colonies dont furent évaluées de façon précise pour chacune d'elles les données de départ suivantes : nombre d'abeilles, surface du couvain, nombre de varroa. Elles furent regroupées dans 2 ruchers de 18 ruches, un dans chaque Etat. Dans chaque rucher des lots de 3 ruches furent constitués. A chacun d'eux un protocole expérimental fut appliqué : (1) pas de traitement, plancher traditionnel, (2) plancher grillagé, (3) Apistan, (4) Apistan + plancher grillagé, (5) Apilife Var + plancher grillagé, (6) Apilife Var.

Les constatations furent les suivantes : Il est raisonnable de conclure, disent les auteurs, que l'efficacité du plancher grillagé est faible mais bien réelle. Il doit trouver sa place dans la lutte intégrée (conjonction de mesures, d'opérations qui prises isolément ne sont pas suffisantes) dont l'objectif est le retardement maximum de l'apparition du seuil d'infestation critique qui oblige à traiter et la réduction, voire la suppression, des traitements chimiques.

Jean-Louis PERDRIX

Bulletin n° 37 Mai 2002




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Plancher grillagé et varroase

(L'article qui suit est la traduction d'une communication parue dans la revue "American Bee Journal" Volume 144 N° 5 de mai 2004.)

Le plancher grillagé ralentit le développement de la résistance aux acaricides chez le varroa.

De Webster, Vorisek et Thacker de "Atwood Research Facility" Université de l'état de Kentucky.

Le plancher grillagé empêche Varroa destructor de rejoindre la grappe d'abeilles après qu'il soit tombé d'une abeille à l'intérieur de la ruche. Ce plancher grillagé ralentit ainsi le développement d'une résistance à l'acaricide chez le varroa de deux façons :

Pour vérifier cette hypothèse, nous avons recueilli chaque jour des parasites vivants, tombés sur des planchers pleins standards, d'abord avant que les ruches ne soient traitées et ensuite pendant le traitement au fluvalinate.
Puis ensuite nous avons évalué la résistance des parasites au fluvalinate en les plaçant à l'intérieur d'un flacon en verre enduit de fluvalinate (protocole d'Elzen et al. 1998 in American Bee Journal 138 : 674-676). Les varroas recueillis pendant le traitement au fluvalinate étaient plus résistants que ceux recueillis avant le traitement.

Ce résultat confirme notre hypothèse. Il est possible que des résultats similaires soient constatés pour d'autres acaricides utilisés contre varroa.


Traduction : Jean-Louis PERDRIX.



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Echanges sur le plancher grillagé tirés du forum fr.rec.apiculture

Pour le varroa, depuis le temps on voit surtout apparaitres des lignées plus tolérantes/résistantes.

Les colonies sauvages après avoir presque totalement disparus reviennent, preuve que nos abeilles sont en passe de s'être adaptés a ce parasite, ce qui serait sûrement allé beaucoup plus vite si on n'avais jamais traité, mais à quel prix... mais :
Je n'ai malheureusement pas la réponse.

Si nous n'avions pas traité, nous aurions découvert depuis un bail qu'une proportion, faible certes, de nos colonies était naturellement armée contre varroa.

Mais l'habitat des abeilles, la ruche, influe aussi sur ses capacités de défense contre varroa et peut réduire les pertes en proportion.

Mon frère et moi, à la lecture de l'Abeille de France de Décembre 1992, avions lu un article de Michel Belin qui relatait son expérience de culture des robiniers hybrides de roumanie. Il terminait son article en expliquant qu'il avait dû retirer en les tuant, 2 essaims installés sur la façade sud d'un vieux château, installés là depuis des années.Ceci se passait au mois de février, par -15 degrés celsius.

Il avait récupéré plusieurs centaines de grammes d'abeilles de chaque essaim et, les ayant placés dans de l'eau chaude, avait découvert 1 varroa pour l'un et 0(zéro) pour l'autre au fond du récipient.

Il ne comprenait pas comment c'était possible, alors que toutes les ruches des environs, abandonnées, avaient crevé.

C'est en lisant celà que mon frère et moi avons compris que c'était le vide ménagé sous les colonies et le froid hivernal qui avaient permis aux abeilles de ces essaims sauvages de se débarrasser des varroas. Cette idée allait changer notre approche de l'apiculture.

D'où la décision de placer nos ruches sur un fond entièrement grillagé qui se rapproche le plus possible de cette configuration de vide sous la colonie, et de le laisser ouvert tout l'hiver.

Nous n'avons pu commencer notre expérience que deux ans plus tard, en 1994, puisque, jeunes diplômés, nous venions de trouver du travail loin de nos ruches et qu'il nous était difficile de faire plus qu'expédier les affaires courantes avec nos abeilles.

Mais le résultat est là : pas de traitement depuis plus 10 ans pour 1 ruche, depuis plus de 9 ans pour une autre, depuis plus de 8 ans pour 15 autres. Des récoltes et des pertes de ruches tout à fait normales, comme si varroa n'avait plus droit à la parole.

Il faut en conclure que, dans les habitats qui abritent des colonies sauvages, si le vide sanitaire est suffisamment important sous la colonie, elles vont prospérer sans difficulté.

Celles dont l'habitat a un fond trop proche des rayons vont avoir à faire face au retour "à pied" des varroas tombés et risquent fort de disparaître au bout de plus ou moins longtemps, puis remplacées par d'autres essaims.

Certains apiculteurs US on décidé de ne pas traiter contre varroa et ont perdu 85% de leurs colonies, reproduisant les survivantes, ils s'en sortent avec 15% de pertes annuelles.

Ils ont du courage et je les admire.

Fonds grillagés = pas besoin de traitement, donc pas besoin de machine. Condition : grillage fil rond à mailles de 3,5mm.

Le plancher en métal déployé est moins performant contre varroa que celui avec des fils ronds, parce que la forme presque plate du varroa et la position de ses pattes lui permettent de se raccrocher plus facilement au fil carré qu'au fil rond. De plus, le métal inox déployé présent un grand nombre d'arêtes qui arrachent les pattes des abeilles au passage. Je n'ai jamais vu une abeille estropiée butiner.

Le fond doit rester ouvert tout l'hiver.

Il n'y a pas de consommation supplémentaire de miel : l'élevage commence plus tard.

Ce type de grillage se trouvait chez mon fabricant de ruches, les Etablissements Amiel, à Sémalens, dans le Tarn, mais je crois que, suite à des problèmes de santé récurrents et à son âge, auquel la plupart des Français partent en retraite, l'entreprise est peu souvent ouverte. Je ne connais pas le nom de son fournisseur de grillage. C'est un grillage qu'il utilisait depuis des années pour créer une aération dans le fond des ruches qu'il construisait, et dont mon frère et moi nous sommes servis pour en faire ce que vous savez maintenant. Nous avions acheté chez lui un certain nombre de ces fonds pour remplacer tous ceux d'origine, pleins.

Le grillage rappelle celui utilisé en maçonnerie.

Les derniers fonds que j'ai achetés chez lui, il y a des années, en 1999 il me semble, m'ont coûté autour de 80 Francs, en 12 cadres.
Pour vos ruches sur fond en déployé, regardez les premiers vols d'orientation au printemps et comparez le nombre d'abeilles rampantes à celui constaté en automne, vous serez surpris.

Mettez aussi une bassine à même le sol sous la grappe cet hiver, vers fin décembre et début janvier, et voyez le nombre de varroas qui tombent quotidiennement si possible.

Fred DUPELEY



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