Conseils et astuces sur la fabrication du candi
Les conditions de la réussite du candi :
- Un moyen de chauffage puissant, genre " tripattes " avec bouteille de gaz butane ou propane.
- Ne pas dépasser 118°, donc bien respecter les temps de chauffe indiqués, si on n'a pas de thermomètre.
- Ne pas brasser pendant le refroidissement jusqu'à 50-60°.
- Brasser énergiquement ensuite et couler en moules rapidement dès que le mélange blanchit. Un malaxeur à peinture monté sur une perceuse convient très bien pour cette opération.
Contrôle de la température :
La cuisson du candi se fait "au petit boulé" des pâtissiers.
Tremper une cuillère dans le sirop puis rapidement dans de l'eau froide et essayer de faire une petite boule entre les doigts. Elle doit être pâteuse mais non dure.
Ou prendre un morceau de fil de fer très fin et faire une boucle d'environ 1 cm. de diamètre. Le tremper dans le sirop et essayer de faire des bulles au travers de cette boucle.
Moules à candi :
- En bois ( l'isorel dur convient très bien ) à fabriquer soit même (fond 25 x 15 cm ; rebord 3 à 4 cm ; clouer soigneusement ; il n'y a pas de problème d'étanchéité).
- Boites de lait (emballage tetra brick) coupées en deux dans le sens longitudinal.
- Anciennes barquettes en aluminium pour congélation.
- On peut également couler le candi dans un cadre de corps dont on aura fermé une face par de l'isorel . Pour que le candi se tienne bien il faut incorporer un grillage dans sa masse. Ce genre de moule nécessite par contre l'ouverture de la ruche pour être mis en place ; avantage : il peut être placé en bordure de la grappe.
Un candi filant ne se recuit jamais. Pour le récupérer, l'incorporer à raison de 1 kg dans une nouvelle tournée ou l'utiliser en nourrissement liquide d'automne après dissolution dans de l'eau.
Un candi cristallisé à gros grains sera pris par les abeilles mais avec de la perte : de nombreux gros cristaux se retrouveront sur le plancher, ou sur le sol en cas de plancher totalement grillagé non fermé en hiver.
Cet éparpillement risque d'attirer les fourmis.
Le sucre en pâte
Voici une recette proposée par Alin Caillas, mais que je n'ai jamais personnellement expérimentée. Source : "Le rucher de rapport & les produits de la ruche" § 566 page 386.
Sa fabrication se fait en deux temps :
- Préparer tout d'abord un sirop de sucre ou un sirop de miel à 65% environ (rapport 2/1, rappel personnel !).
- Quand ce sirop est encore chaud, lui ajouter en malaxant bien tout ce qu'il peut absorber de sucre glace (celui qui sert à sucrer les gaufres et les gâteaux).
Un kilo de sirop peut absorber de 5 à 6 kilos de sucre glace.
Les abeilles en sont très friandes.
Candi pour cages à reines
Mélanger en malaxant bien 4 parts de sucre glace pour 1 part de miel. Le candi doit être homogène et souple.
Trop dur il ne sera pas pris et les accompagnatrices périront ainsi que la reine.
Trop tendre il fondra, engluera les abeilles et la reine.
Sirops stimulants
1 - Voici une autre recette empruntée à Alin Caillas (même source § 551 page 380).
Je l'ai personnellement expérimentée, au printemps, sur des essaims ayant hiverné en ruchettes 5 cadres.
J'ai utilisé du pollen que j'avais congelé.
Pollen en pelotes : 50 grammes.
Délayer dans un quart de litre d'eau.
Ajouter un sirop de sucre fait à froid en faisant dissoudre 1 kg de sucre (ou de miel) dans trois quarts de litre d'eau.
Après dissolution, mélanger au pollen délayé dans l'eau.
C'est certainement la meilleure formule.
On peut remplacer le pollen, si on n'en a pas, par une égale quantité , soit de farine de soya déshuilée, soit par de la levure de bière sèche.
2 -
Sirop de Cox, cité par Alin Caillas § 547 page 378 :
La formule de Cox, par contre, signalée par cet auteur dans le British bee journal, de janvier 1926, ne fait intervenir qu'un principe stimulant, contenu dans le clou de girofle.
Je l'ai employée moi-même avec succès en faisant bouillir 12 clous de girofle dans 50 gr de sirop, et en ajoutant l'extrait obtenu à 1 kg de sirop préparé.
3 -
Salvolat à ajouter au sirop de nourrissement comme stimulant de ponte (en vente chez certains revendeurs de matériel et produits apicoles).
4 -
Sirop stimulant à confectionner (recette de Marc Fougerouse, Président de "L'Abeille du Forez") :
Ingrédients :
- 660 gr d'alcool à 90° à acheter en pharmacie,
- 330 gr d'ammoniaque,
- 5 gr d' huile essentielle d'anis,
- 5 gr d' huile essentielle de citron,
- 5 gr d' huile essentielle de marjolaine,
- 5 gr d' huile essentielle de girofle.
Mélange à utiliser à raison de 20 gouttes par litre de sirop 1/1.
Candi stimulant
1 -
Galettes de Farrar (Apiculteur américain).
- 60 gr de pollen, à dissoudre dans 300 gr de sucre et 150 gr d'eau = 1 ration type pour 1 ruche + 180 gr de farine de soja.
- Malaxer pour obtenir une galette qui sera placée sur les têtes de cadres.
"L'élevage du couvain est stimulé d'une manière surprenante" (dixit Alin Caillas).
2 -
Pâte protéinée (recette de Marc Fougerouse, Président de "L'Abeille du Forez") :
- 4 kg de sucre glace,
- 1 kg de miel,
- 10 cl d'eau chaude,
- 200 gr de levure de bière deshydratée,
- 20 gr de pollen moulu.
Melanger le sucre glace et le miel pour obtenir une pâte homogène. Délayer la levure de bière et le pollen dans l'eau. Incorporer ce mélange à la pâte sucre/miel. Constituer des galettes d'environ 200 gr à mettre sur la tête des cadres. Accompagner ce nourrissement protéiné d'un nourrissement stimulant liquide (sirop 1/1 donné à petites doses).
Attire-essaim
Recette de Marc Fougerouse (Président de " L'Abeille du Forez ").
- Acheter en pharmacie un pot de 600 gr de vaseline.
- Faire chauffer jusqu'à ce qu'elle fume.
- Y faire fondre une boule de propolis grosse comme le poing.
- Filtrer à travers de la gaze de pharmacie (3 ou 4 épaisseurs) pour l'élimination des goudrons.
On obtient alors un liquide jaune clair qu'on laisse refroidir jusqu'à ce que l'huile se fige.
- Ajouter de l'essence de citronnelle (1/3 de flacon gros comme un flacon de vernis à ongles).
- Bien malaxer.
L'onguent obtenu est à utiliser dans les ruchettes pièges.
En déposer quelques "touches" à l'intérieur avec le doigt.
Répéter l'opération toutes les semaines pendant la période d'essaimage.
Vous pouvez aussi essayer cette autre recette, vieille de plus de …400 ans !
"
Faudra, au commencement du renouveau, prendre de la mélisse et thym broyés avec d'autres semblables herbes que les mouches à miel aiment, desquelles tu frotteras les ruches si fort que l'odeur d'icelles et le jus y demeure ; puis nettoyras icelles ruches , après y aspergeras un peu de miel ; et de ce fait, tu les asserras et arrangeras par les bois et forêts, près des fontaines ; et quand elles seront pleines de mouches, tu les rapporteras à la maison. Voilà la manière d'amasser les jetons des mouches à miel."
Jean Liébault in "L'Agriculture et maison rustique" - Edition de 1598.
Jean-Louis PERDRIX